Voyage olfactif, à la découverte des roses de mai des Champs de Chanel

Vous souvenez vous de mon escapade dans les champs de Tubéreuses de la maison Chanel en septembre dernier ? J’avais été ravie d’apprendre mille choses autour du parfum, des fleurs, de leur manière d’être cueillies, d’entendre Olivier Polge parler du parfum Gabrielle qu’il a créé … Tout cela était simplement magique et fou à la fois, c’est le genre de moment où je vous suis encore plus reconnaissante que d’ordinaire car sans vous ce genre de privilège ne me serait pas accordé j’en ai bien conscience alors un grand merci ! Et si je reviens aujourd’hui c’est pour continuer cette sublime histoire, qui a commencée finalement il y a deux ans alors que j’avais reçue à l’époque une invitation pour découvrir les champs de roses de mai à l’occasion de la sortie de N°5, L’eau … Je n’avais pas pu m’y rendre à l’époque à cause de mes études car depuis 4 ans il faut savoir que le blog et les réseaux sociaux sont mes hobbies, j’ai mes études à côté, mes stages et autres missions ! Mais c’est un régal de tout enchaîner même si c’est fatiguant et que souvent comme pour cette invitation il y a deux ans c’est parfois frustrant … Alors … Je vous raconte ?

Le samedi 12 mai au matin les portes de la Bastide des champs de Chanel se sont ouvertes pour nous accueillir Alexandra et moi pour une des matinées les plus intéressantes, les plus enrichissantes et les plus incroyables de notre vie soyez-en certains ! Nous avons pu ainsi suivre le « cycle » de la vie des roses de mai de la cueillette à l’extraction. Et découvrir de nos propres yeux ces champs de roses que nous avions si souvent vus en photos, dont nous rêvions et dont l’odeur caressait doucement nos narines à peine arrivées sur place !

C’était un véritable plaisir de se faire guider dans les champs par Fabrice qui n’est autre que le beau fils de Joseph Mul dont je vous avais longuement parlé dans mon premier article sur les champs (lire ou relire juste ici). Durant un peu plus de deux heures nous avons longuement échangés à propos des fleurs, de cette rose de mai au parfum si subtile … Un dialogue qui était des plus enrichissants et pour ne rien oublier comme lors de mon premier voyage et de la rencontre avec Joseph j’ai enregistré nos échanges de manière à ne pas vous dire de bêtises et à être la plus précise possible.  Et maintenant je vais vous en dire un peu plus sur ces fameuses roses en chiffre …

  • Les champs de Chanel produisent environ 40 tonnes de roses de mai par an, ces chiffres me paraissent absolument infinis surtout quand on sait que chaque fleur est cueillie et chérie « humainement » si je puis dire !
  • Un pied de rosiers produit environ 400 boutons en moyenne (400 boutons qui font 1 kilo de fleurs par pied)
  • Le domaine a 45000 pieds (avec des pieds plus jeunes que d’autres car la roseraie a été renouvelée partiellement il y a peu de temps)
  • La meilleure « année » depuis que Fabrice s’occupe des champs a été pour lui l’année 1994 (notre année de naissance avec Alexandra!) car cette année là, ils n’ont jamais été « submergés » comme il nous expliquait par les fleurs comme le temps était assez doux, les fleurs s’épanouissaient petit à petit sans « pic » et ils pouvaient ainsi récolter environ 1200/ 1300 kilos par jours !!
  • Environ 400 kg de roses sont nécessaires pour obtenir 1 kilo de « Concrète » : un genre de résine solide qui suit plusieurs procédés pour finalement obtenir à la fin 600 grammes d’Absolu de Rose.
  • Dans un flacon d’Extrait N°5 de 30 ml il y a 1000 fleurs de jasmin de Grasse et 12 fleurs de rose de mai de Grasse.

Quelques photos avant de continuer le récit de cette matinée à peine plus bas …

Ces roses sont des roses « Centifolia » que l’on appelle aussi roses de mai car c’est le seul moment où elles fleurissent, durant la période de floraison les roses sont cueillies 7 jours sur 7 par les cueilleuses, il y a deux groupes de cueilleuse d’une vingtaine de personne qui tournent en fonction des jours. La cueillette de la rose commence à 8h le matin, elle ne commence pas plus tôt car les roses ont besoin du soleil pour s’épanouir et ainsi dégager leur parfum. Elles sont cueillies une à une, les cueilleuses récoltent environ 5 kilos de rose chacune par heure. C’était assez fou de se promener dans ces champs, de les voir travailler si minutieusement et de sentir cette odeur envahir nos narines et notre cœur aussi il faut l’avouer. Et cette rose, cette odeur, c’est finalement un peu comme la représentation de notre amitié avec Alexandra … C’était si fou de partager cela, rien que nous deux !

Nous avons beaucoup questionnées Fabrice sur les roses mais aussi les fleurs du domaine de manière générale, 5 fleurs sont cultivées sur le domaine et dans l’ordre de la floraison il y a : l’iris, la rose, le jasmin et tubéreuse qui fleurissent en même temps et le géranium. Et à notre grande surprise pour ce dernier ce n’est pas la fleur qui est retenue pour son odeur mais sous les feuilles du géranium se cache un petit duvet avec des micro capsules d’huile essentielle.

Il y a deux manières de « traiter » les fleurs pour fabriquer le parfum, la distillation (que l’on connait tous plus ou moins!) et l’extraction à laquelle nous avons assisté pour la rose de mai ! L’extraction c’est le fait d’immerger dans un solvant les fleurs, ce solvant qui va ainsi piéger et emprisonner la matière odorante et la cire végétale. C’est une technique utilisée dans la propriété pour la rose, le jasmin et la tubéreuse. J’ai d’ailleurs trouvé un schéma sur ce site qui explique merveilleusement bien le processus auquel nous avons assisté, je ne me risquerai pas dans des explications trop techniques car j’aurai peur de mal m’exprimer mais si comme moi vous vous passionnez par ce genre de choses sachez que tout y est très clair !

J’arrive à la fin de ce long récit qui je l’espère vous aura intéressé, et pour les parisiens sachez qu’à partir d’aujourd’hui 31 mai jusqu’au 3 juin les champs de Chanel s’invitent aux Tuileries à l’occasion de Jardin Jardin vous trouverez tous les détails juste ici. J’ai eu l’occasion de m’y rendre en avant première hier et c’est une jolie reconstitution de ce que l’on vit une fois là-bas. Pour l’occasion la famille Mul a fait fleurir les 5 fleurs à parfum grassoises bien que ce ne soit pas la saison pour chacune d’elle le jasmin de grasse, la rose de mai, l’iris pallida, la tubéreuse ainsi que le géranium rosat. Une petite bastide a même pris place devant ce petit champs parisien … Et maintenant les photos de nos promenades dans les champs en vélo, de notre bain de roses dans l’usine, de nos rires … Merci Chanel, merci Emmanuelle, merci pour toute cette magie une fois de plus ..!

4 réponses
  1. Petitevalserose
    Petitevalserose dit :

    Ton article est Magnifique jolie Laura! ♡ C’est une chance de pouvoir vivre un telle expérience 🙂 Et t’es photos sont si belles, toutes naturelles… Bravo! Bel article ! Je te fais des bisous ♡
    Sandy

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  2. Sarah
    Sarah dit :

    Mais que cette escapade devait être merveilleuse ! Vous êtes vraiment des petites chanceuses 🙂 Mais merci de nous faire partager ce moment qui semble être complètement hors du temps et magique !

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